La cité libre

« La réadaptation est naturellement plus lente que les transformations révolutionnaires. C’est pourquoi il y a toujours eu à cette époque ce que les sociologues appellent un « retard culturel ». C’est-à-dire que les hommes ont abordé les questions actuelles avec des idées et des habitudes adaptées à une situation qui n’existe plus. Tout comme les voyageurs placés sur la plate-forme arrière d’un trait, ils n’ont vu que le paysage déjà dépassé. Des millions d’hommes ont dû se réadapter non seulement à un nouveau genre de vie, mais encore à une vie dans laquelle la situation la plus nouvelle est bientôt transformée en une situation plus nouvelle encore. Cela n’a pas été facile, et le sentiment de confusion spirituelle, de déception et d’insécurité dont est pénétrée toute la culture moderne est le fidèle reflet des misères et des difficultés de cette réadaptation.

Les gens n’ont pas su s’il leur fallait bénir l’ordre nouveau ou le maudire ; ils l’ont maudit ou béni suivant l’aspect de la révolution qu’ils envisageaient. Il a procuré à des millions d’hommes une amélioration considérable de leur niveau de vie : pour d’autres, il a simplement signifié une rupture brutale avec leurs habitudes. C’est ainsi qu’à certains le XIXe siècle est apparu comme un siècle de progrès, et à d’autres comme un siècle de dégradation. On peut trouver tous les témoignages qu’on veut en faveur de l’une et l’autre de ces opinions. La division du travail a produit des richesses bien plus grandes. Mais elle a aussi produit le prolétariat. La division du travail a rendu les hommes dépendants les uns des autres et a par conséquent fondé leur prospérité sur le principe d’une collaboration pacifique dont les bénéfices sont réciproques. Mais elle les a également dangereusement exposés à l’arbitraire de ceux qui refusent de collaborer.

La révolution a donc été marquée par une série interminable de paradoxes déconcertants. Il y a eu du progrès et de la misère. Il y a eu de la démocratie et de l’insécurité. Il y a eu l’interdépendance des nations, et la féroce rivalité de leurs impérialismes. Il y a eu l’égalité juridique et l’inégalité sociale. Il y a eu un grand procès moral qui a aboli l’esclavage et les castes, affranchi les hommes et les femmes, épuré et élevé le traitement des criminels, créé des écoles et des universités ouvertes à tous, libéré la pensée et la conscience de la censure des autorités. Mais d’autre part il y a les nouveaux riches, seigneurs bien moins agréables que les nobles qu’ils ont supplanté, il y a les foules des grandes cités, déracinées, privées de leurs traditions ancestrales, n’ayant rien pour ennoblir leurs vies, n’ayant plus la foi qui console.

La révolution industrielle est une révolution dans le sens le plus complet du terme. Elle est la grande révolution générale dont toutes les révolutions particulières depuis Cromwell n’ont été que des incidents. Sa phase accélérée dure depuis cinq générations. Certaines régions favorisées ont connu de brèves périodes de tranquillité. Mais il est certain qu’il faudra beaucoup plus de cinq générations pour que la révolution s’achève. La suppression de l’économie fermée ne fait que commencer dans bien plus de la moitié du monde. Elle continuera. Aucun Ghandi ne saurait retenir cette marée. Rien ne peut empêcher l’humanité tout entière d’être tirée de son isolement ancestral et entraînée vers l’économie mondiale des spécialistes interdépendants. Car le nouveau mode de production est incomparablement plus apte à la lutte pour la survivance. Les gens qui l’adoptent non seulement deviennent plus riches que ceux qui ne l’adoptent pas, mais encore ils les soumettent et les dominent. La révolution continuera donc. Mais comme elle nécessite, non seulement une transformation de l’économie, mais une réadaptation de la nature et des habitudes humaines, il faudra beaucoup de temps pour que les hommes arrivent à rattraper les circonstances et à apprendre tout ce qui leur est nécessaire pour remanier en conséquence leurs coutumes et leurs institutions.
La contre-révolution collectiviste

C’est pourquoi, au fur et à mesure que la transformation révolutionnaire avance, elle provoque à chaque pas des résistances et des rébellions. Elle en provoque à droite et à gauche, c’est-à-dire chez ceux qui possèdent le pouvoir et la richesse, et chez ceux qui n’en ont pas. Le mouvement de gauche est socialisant et tend logiquement au communisme. Le mouvement de droite, qui groupe les gens riches alliés à des politiciens et à des militaires, se manifeste par le nationalisme économique, l’impérialisme conquérant, les monopoles, et, dans sa forme extrême et désespérée, devient ce que l’on appelle aujourd’hui le fascisme. »

Walter Lippmann, 1937

Ghibli à Paris

Je suis allé au musée des arts ludiques, où il y a une exposition sur les « layouts », la technique de calques développées par Takahata et Miyazaki pour améliorer la production de dessins animés.

J’avais eu la chance de visiter le Ghibli museum à Mitaka, et j’ai été ravi en tant que fan de cinéma d’animation de voir cette exposition. Les photos étant interdites bien que cela mitraillait à tout va via les smartphone, je n’ai pas pris d’image à vous partager.

Pour qui connait et la production de Ghibli et le côté technique de l’animation, l’exposition est vraiment superbe !! je ne peux que vivement la recommander. Pour le reste, je ne sais pas pourquoi des personnes sont venues m’interroger, mais visiblement les explications n’étaient pas suffisantes pour que tout le monde comprenne ce qui était présenté… ce qui enlève de l’intérêt si on ne vient que pour voir des images.

Dans les plus : des petites videos interview de Takahata et Miyazaki qui expliquent bien l’évolution technique que les layouts ont représenté et comment ils abordent le cinéma d’animation, notamment Miyazaki explique comme le dessin d’animation est illusion et qu’il ne cherche pas à être juste de manière photographique mais de la manière dont fonctionne notre cerveau.

Des videos reprenant les layouts présentés émaillent l’expo. La salle consacrée au voyage de Chihiro est une immersion d’images ! j’ai adoré. A noter, prenez le temps de regarder comment sur les layouts de Miyazaki en plus du dessin, du code couleur pour ce qui concerne le fond du décor et les partie à animer sur cellulo, les parties cachées par des éléments au premier plan sont dessinées à la pointe. Ce qui fait qu’on a une image à plusieurs dimensions et niveaux de lecture.

A la fin, on peut poser et s’envoyer par mail une image personnalisée très sympathique !

artludique

 

Italie

En Septembre je suis allé marcher une semaine dans ce beau pays qu’est l’Italie. Naples m’a enchanté, Pompéi fut une claque, le Vésuve ma première expérience de volcan, et la côte amalfitaine un délicieux moment de randonnée. La nourriture comme toujours sublime par là bas, et les personnes souriantes et chantantes.

Gwansang & Floating castle

Deux films asiatiques démesurés inspirés d’éléments historiques que j’aurais aimé voir distribué en France.
Le premier, japonais, Nobo no shiro, le chateau flottant, est l’un des meilleurs films de genre qu’il m’ait été donné de voir, grande esthétique, pureté et en même temps humour sont mélangés habilement. De la sagesse derrière la loufoquerie :


(la distribution de ce film a été perturbée à cause du mauvais timing avec le drame qui a eu lieu au Japon, compte qu’une partie du film consistait en des attaques d’inondation)

L’autre est coréen, Gwansang, le lecteur de visage, est tout autant surprenant :

Je vous laisse visionner ces longs extraits en espérant que cela vous fasse envie :)

 

Interview Edward Snowden

Je vous propose aujourd’hui une récente interview d’Edward Snowden, qui suscite assez peu de buzz dans nos médias… elle est sous titrée en français. J’invite chacun à prendre le temps de l’écouter et de s’interroger. Le français Frédéric Bastiat soulevait déjà qu’il y avait ce que l’on voyait et ce que l’on ne voyait pas, et bien souvent ce qui est important est ce qu’on ne voit pas. On s’agite souvent pour ce que l’on voit, mais ce que l’on voit, ce ne sont bien souvent que les ombres portées de la caverne de Platon…

On oublie assez à quel point internet représente une évolution majeure dans l’histoire du monde, et à quel point le monde a radicalement changé ces trois derniers siècles et particulièrement ces 70 dernières années. Et on en est encore probablement qu’au début des modifications sociétales qui suivront qui pourraient se traduire par un monde plus décentralisé, offrant plus de possibilités, d’autonomie, de diversité, de libertés individuelles pour chacun.

« Don’t hate the medias, be the medias« .  Ne haissez pas les médias, soyez les médias. Si vous n’aimez pas ce que vous voyez, n’attendez pas un sauveur : soyons le changement que nous voulons voir comme le rapelait récemment Alexandre Jardin dans cette interview.

Sources : Korben & rutube

En complément j’invite à lire cet article de Baptise Créteur sur Contrepoints

Nous ne valons guère mieux que les humains-piles de l’œuvre de science-fiction Matrix, si ce n’est que la matrice et le monde réel ne font qu’un.
(…)

Ne nous mobilisons pas pour ou contre Dieudonné mais pour la liberté d’expression. Ne nous mobilisons pas contre l’exercice du pouvoir ou ses détenteurs mais pour la liberté.

Reprenons les rênes de nos vies, reprenons en main nos destins, ne laissons personne décider pour nous de quel genre de pièce nous sommes les acteurs.

Si vous vous intéressez à ces thématiques, je vous suggère de suivre la page Prix Edward Snowden, page officielle du prix récompensant la personnalité ayant incarné le courage de révéler la vérité afin de défendre les libertés individuelles.

Bal paradoxal : soirée Chicago prohibition

Voici un petit reportage photo réalisé lors du Bal Paradoxal organisé par Temps d’Elegance.

Cela fait 18 mois que je fréquente assidument les soirées costumées de tout type, et ce bal a été pour moi mon meilleur moment. Une organisation bien pensée sur une thématique sympathique : Chicago à l’époque de la prohibition ambiance boardwalk empire…. des cours de charleston organisé dans la boutique de Temps d’Elegance, des videos en ligne pour ceux qui voulaient apprendre depuis chez eux, un lieu, la Java, vraiment bien adapté, des animations, du burlesque, un groupe et de la danse, et même un photographe pour vous immortaliser.

Voici ma couverture photo entre deux danses :

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le set photo directement sur Flickr

Et ma bibine prise par le talentueux Benoit Felten qui proposait également de récupérer un tirage et sa photo en HD pour une somme modique après la soirée, et sinon on les récupérait ainsi :
fanfanchicagoreporter

Côté photo, ce fut pour moi l’occasion d’utiliser mon Canon Eos 70D, qui est une vrai révolution par rapport à mon 50D notamment au niveau de la basse lumière, même si des petites choses me tracassent par rapport à mon 50D (que je connaissais depuis bien longtemps ^^). Un 50mm (x1,6) de Sigma, f1,4 est monté dessus. Pas véloce, petits souci de focus parfois, mais à pleine ouverture dans ce genre de situation cela fait vraiment la différence. Et pour les ambiances lumineuses, un kit de lumière LED rotolight, que j’adore.

Un grand merci à tous les participants d’avoir joué le jeu et pour la bonne ambiance, et un grand merci à l’organisation sans faille et à tous les intervenants !