Photographie

J’ai commencé la photographie à l’âge de 17 ans, en argentique avec un Minolta. J’ai également posé comme modèle durant cette période, et je repose occasionnellement depuis deux ans.

C’est presqu’amusant en y repensant, car j’ai cultivé mon amour pour les mots en parallèle de la photographie ou inversement, et les deux fonctionnent différemment dans mon esprit. En tant que lecteur et auteur je ne « vois » pas, en tant que photographe, des lignes de force, des couleurs, des contrastes, des détails, des concepts visuels me « sautent » à la figure.

Grand lecteur, j’ai attendu de travailler pour commencer à parcourir ce vaste monde. Et depuis je n’ai pas arrêté. J’ai eu la chance quelques années d’avoir une profession qui me permettait également de voyager et rencontrer d’autres cultures. Grand marcheur je suis aller pousser mes pas aussi bien dans les vieilles forêts de Vancouver que dans la jungle en Thailande. Le photoreportage est toujours intégré à mes déplacements. Avec une optique on prête parfois une attention différente à ce qui nous entoure, et l’on ne s’ennuie jamais.

Très vite le poids de l’argentique est devenu handicapant en trek et je suis passé au numérique, sur des petits compacts mais le résultat ne me plaisait pas. Je suis repassé avec la décroissance des prix en réflex numérique chez Canon, 350D, 50D (avec un 17-55 f2,8) puis actuellement sur un 70D (occasionnellement sur Mark II, en espérant avoir un plein format 6D).
Je me suis récemment dit en trek, que j’étais fou de marcher avec autant de poids sur mon dos avec 3 optiques….

Ladre Vert est le nom du site internet que je lançais après la fin de ma revue littéraire et artistique proscrit. C’était à la fois un juron qu’on pouvait retrouvé chez Théophile Gautier à l’époque des Jeunes France (autour de 1830), et chez Littré dans son Pathologie Verbale ou Lésions de certains mots dans le cours de l’usage. L’évolution intéressante de Lazare dans les mots ladres et lépreux. Le bon ladre, le bon compagnon, ou le mauvais ladre, l’avare, ou encore le lépreux, le ladre vert. D’un point de vue marketing, si ce n’était l’habitude de toutes ces années, j’aurais du appeler le site le green lad ou chercher une autre source propre à mon cheminement de ces dernières années. Aujourd’hui peut être suis je plus proche des princesses d’ivoire et d’ivresse de Jean de Lorrain que de Gautier. Ivresse de l’image….

A cette époque, on ne voyageait pas comme maintenant et internet n’était pas encore incontournable et ne possédait pas de nombreux réseaux sociaux incontournables. J’avais alors une très forte fréquentation de la version précédente de ce site orienté photoreportage avec 20 000 visiteurs uniques par mois et entre 400 et 800 uniques par jours. Je gagnais même un concours photo. Je ne récupérais une telle fréquentation que lors de la guerre de post-it (avec des pointes à 2000 visiteurs par jour, très très loin de mon actuelle fréquentation…).

Je commençais à me préparer pour exposer, notamment avec mes photos sur la Chine (j’ai encore un grand carton de grands tirages à la maison), c’était l’année des JO, et également le moment où j’eus un grave accident et où beaucoup de choses ont changé.

J’ai repris la photo sérieusement ces deux dernières années et varié les thématiques et technique, et en variant les optiques qui ont suscité des mois de réflexion avant investissement à chaque fois ^^. Ayant peu de temps de par mes nombreuses activités, la photographie doit rester un enchantement et une passion. J’ai eu une amie, par ailleurs modèle, qui voulait que je la photographie et c’est ainsi que je débutais tardivement à travailler avec modèle. M’étant mis à également à faire des sorties costumées, je me suis pris d’affection pour ces ambiances et parfois j’aime les retranscrire. Amoureux de la nature, et marchant un peu partout sur cette planète, je faisais également de l’exploration urbaine ou urbex sans savoir que cela s’appelait ainsi depuis des années. J’aime l’histoire, ses vestiges, la trace de l’homme, peu de chose au final, effacée par le temps et les cycles naturels.
La photographie devenant autant un témoignage qu’une manière à inviter la réflexion sur notre place ou histoire.

Ayant énormément travaillé mon corps après mon accident, j’ai pris en affection toutes les démarches qui permettent aux personnes de s’aimer elles mêmes, ou de faire rêver les autres à une époque où nous avons tendance à ne plus savoir vivre et être trop sombre, et où paradoxalement le corps est tabou ou mal vécu, alors que la pornographie ou la vulgarité sont banalisées. J’aime les corps et j’essaye de faire ressortir cela notamment à travers mon travail en burlesque ou de nu. J’aime travailler avec modèle, ce qui m’intéresse étant la rencontre entre deux êtres, et essayer de capter une essence au delà de l’image…
En photoreportage, comme lors de mon périple en Thaïlande j’ai été saisi par les visages marqués de certaines rencontres et de l’intensité de leur être et regard, et j’ai travaillé principalement en portrait sur le vif pour tenter de retranscrire une certaine force et joie de vivre.

L’Art des anciens, du XIXème, de la Renaissance, jusqu’à l’antiquité, notamment au niveau de la peinture a eu une influence sur ma manière de considérer la photographie, ainsi que le cinéma de Lang, Kurosawa, Carné…. la photographie belle époque et des années 20-30, et les photos de paysage type national geo.

Aujourd’hui, j’utilise principalement, un sigma 8-16mm pour la nature et l’architecture, un sigma 18-35mm f1,8 série Art pour le photoreportage, un Canon 100mm f2,8 macro série L pour la macrophotographie ou les portraits, et un sigma 50mm f1,4 série Art pour le portrait.

Ma rencontre avec Claude Bencimon a également contribué à ce que je m’équipe en informatique tardivement (2014) et commence à prendre des photos en RAW et les traite sous lightroom, pour magnifier le travail. Photoshop n’est pas au menu. Mon plaisir demeure la prise de vue, et la lumière naturelle.

Dans mes phases d’incertitude, je vais photographier la nature.

J’espère avoir répondu à des questions qu’on me pose de manière récurrente. Mais ici ce n’est pas de l’art contemporain… les mots ne comptent pas. J’espère que mes images vous « parlent ».

Fanfan, 9 Nov 2014

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